Allaiter, c’est nourrir. Mais c’est aussi, souvent, être traversée. Doute, fatigue, culpabilité, mémoires qui remontent : ce que l’on vit au creux des tétées mérite d’être accueilli, sans jugement
Allaiter, c’est nourrir. Mais c’est aussi, souvent, être traversée. Doute, fatigue, culpabilité, mémoires qui remontent : ce que l’on vit au creux des tétées mérite d’être accueilli, sans jugement.
Il y a l’image qu’on porte avant.
Un bébé paisible contre le sein. Une mère qui sourit. Une lumière douce, un silence plein.
Et puis il y a la vraie nuit. Celle de trois heures du matin, quand le bébé pleure et que tu ne sais plus s’il a faim, s’il a mal, ou si c’est toi qui ne sais pas faire. Celle où ton corps tire, chauffe, déborde. Celle où tu te demandes pourquoi personne ne t’avait dit.
Allaiter, c’est nourrir. Mais c’est aussi, souvent, être traversée.
Ce qui remonte, au creux des tétées
L’allaitement ne se joue pas seulement dans le corps. Il touche à des endroits très anciens.
Le doute. Est-ce qu’il boit assez ? Est-ce que j’ai assez de lait ? Chaque pesée devient un verdict. Chaque pleur, une question posée à ta valeur de mère.
La fatigue. Celle qui ne ressemble à aucune autre. Les nuits découpées. Le sentiment de ne plus s’appartenir, d’être disponible à chaque instant.
La culpabilité. Celle d’avoir mal. Celle de ne pas aimer ça, parfois. Celle de vouloir arrêter. Ou celle de continuer quand l’entourage dit « encore ? ».
Le corps. Un corps qui change encore après la naissance. Un corps qui donne, et qu’on regarde autrement. Pour certaines femmes, l’allaitement réveille aussi des mémoires plus profondes : leur propre histoire de mère et de fille, ce qui a été reçu ou pas.
Rien de tout cela n’est un échec. C’est le passage.
Le lien, au-delà du lait
On parle beaucoup de quantités, de rythmes, de positions. On parle moins de ce qui se tisse.
Un regard qui s’accroche au tien. Une petite main posée sur ta peau. Deux respirations qui finissent par se caler l’une sur l’autre.
Ce lien-là ne dépend pas d’un nombre de mois. Il ne se mesure pas en millilitres. Il existe aussi au biberon, dans le peau à peau, dans la voix qui chante doucement la nuit.
L’allaitement peut en être un chemin. Il n’en est pas la seule porte.
Traverser sans se juger
Quelques repères, à garder près de soi.
- Nommer ce que tu ressens. À voix haute, à quelqu’un de confiance, ou sur une page. Ce qui est dit pèse moins lourd.
- Accueillir l’ambivalence. Tu peux aimer ces moments et en avoir assez. Les deux sont vrais en même temps.
- Ne pas rester seule avec la douleur. Une douleur qui dure, des crevasses, un sein qui chauffe : ce sont des signaux à montrer à une sage-femme ou à une consultante en lactation.
- Te laisser porter. Un repas préparé par quelqu’un d’autre, une sieste pendant qu’on veille le bébé, une présence qui ne conseille pas mais qui reste.
- Choisir, et pouvoir changer. Continuer, réduire, arrêter : chaque décision t’appartient. Elle peut évoluer avec toi.
Il n’y a pas de bonne mère qui allaite et de mauvaise mère qui arrête. Il y a une femme, un bébé, et un chemin qui leur est propre.
Tu n’as pas à traverser seule
En tant que doula, je ne viens pas te dire comment allaiter. Je viens m’asseoir à côté de toi. Écouter ce qui se passe, dans ton corps et dans ton cœur. Tenir l’espace pendant que tu trouves ton propre rythme.
Je veille, tu traverses.
Si ces mots te parlent, si tu as envie d’en déposer un peu, écris-moi. Simplement. À audrey.vidadoula@gmail.com ou au 06 01 46 13 77.
Audrey — Vida Doula
27 sept 2017, 18:55
Avant d’accompagner les autres, je suis passée par là.






