Ce qui m’a fait traverser
Depuis 2022, je traverse
Une reconversion pour devenir doula.
Et autour, tout le reste. Mon poste de comptable à la SNCF. Les formations sur différents outils pour mieux vous accompagner. Les changements d’organisation dans mon service. Mes enfants, une semaine sur deux. Des tentatives de faire couple avec mon chéri. Mes relations familiales, mes amitiés…
Tout en même temps. Tout imbriqué. Tout tenu.
Je m’en rends compte aujourd’hui : j’ai eu très peu d’espace pour prendre du recul. Très peu de temps pour faire le bilan pour réajuster. J’étais focus. Déterminée. Et ça m’a portée…
Ce que je prenais pour moi
Pour avancer, j’ai nourri des habitudes. Gérer. Anticiper. Organiser.
Je les ai si bien tenues que je m’y suis identifiée. J’en ai fait un trait de caractère. Presque un talent inné.
Mais que dalle!
C’est un simple programme plus ou moins déjà défini avant ma naissance en tant que femme. Un chemin tout tracé que mon système connaît par cœur dans mon ADN.
Un fonctionnement qui est connu et rassurant. Qui m’évite aussi de trop réfléchir et de décider.
Alors je croyais être dans une forme de bienveillance envers moi-même et les autres en étant dans quelque chose que je connais. Je sentais que mon corps, lui, cherchait surtout à respirer et mon mental, lui, cherchait la sécurité.
Le miroir des autres
Ces derniers jours, une question m’est venue. Pourquoi mon entourage ne me pose pas la question ou très peu de comment je vais et ce dont j’ai besoin ?
On me sollicite pour résoudre un problème. Pour être écouté. Rarement pour partager un loisir, un moment léger ou de la détente.
Est-ce qu’on n’aime pas ma compagnie? Est-ce qu’on préfère profiter de mon temps et énergie, au point de devoir poser des limites à chaque demande ?
Je ne crois pas.
Je crois que les autres me rendent simplement ce que je leur montre. Celle qui gère. Celle qui tient. Celle qui a la solution. On vient chercher ce rôle-là, parce que c’est celui que je m’autorise à occuper.
Plus difficile d’avoir le rôle de celle qui se pose et se repose.
Avancer sans jamais arriver
Ces habitudes ont fonctionné. Elles m’ont même menée loin et là où je suis.
Mais elles m’ont aussi laissé une sensation étrange, celle de ne jamais aboutir. De toujours chercher l’étape d’après pour « avancer ».
La complétude ne pouvait pas avoir de place. Comment l’aurait-elle eue ? J’ai déjà une idée ou un projet pour demain.
Je crois devoir tout mener de front. Comme si tout dépendait de moi seule.
Quand on porte tout, on ne pose jamais rien. Et ce qu’on ne pose pas, on ne peut pas le savourer et l’apprécier.
Sans regret
Je ne pense pas que j’aurais dû faire autrement.
C’était juste. Parfait pour ce que j’avais à vivre et à mettre en place. Ce programme de « je gère, on y va » m’a protégée. Il m’a permis de traverser la douleur.
Simplement, aujourd’hui, j’en vois la limite. Ce qui m’a fait traverser n’est pas ce qui me fera arriver à cette complétude et une sérénité recherchée.
Se réguler, c’est d’abord voir
Qu’est-ce que je mets en place ? Rien.
Il n’y a pas de nouvelle méthode à ajouter à la liste. Ce serait encore gérer. Encore organiser un plan. Le même programme sous un autre nom.
Se réguler, pour moi, commence ailleurs. Observer. Identifier. Nommer.
Voir le programme quand il s’enclenche. Le reconnaître. Lui donner son nom. C’est déjà desserrer son étreinte. C’est le premier pas vers plus de contentement.
Si je peux le voir seule aujourd’hui, c’est parce que je ne l’ai pas fait seule.
Depuis plusieurs années, je suis accompagnée. Je me suis offert des retraites, des stages, des coachings, des thérapies… J’ai eu de nombreux miroirs, tous différents.
Chacun m’a montré un morceau de moi. Aujourd’hui, je me reconnais mieux. Assez pour me voir faire.
Et toi ?
Si tu traverses un changement intérieur, une reconversion, une période où tout s’imbrique, peut-être te reconnais-tu.
Pas besoin de tout changer. Commence par regarder.
Qu’est-ce que tu tiens, toi, comme si tout dépendait de toi seule ?
Si tu sens que c’est le moment de ne plus porter ça seule, je t’accompagne avec La Croisée, une séance d’1 h 30 à distance ou à domicile pour y voir plus clair : réserve ta séance ici.
Je veille, tu traverses.







